Conseil Régional Nord de l'Ordre National des Médecins Dentistes

الهيئة الوطنية لأطباء الأسنان المجلس الجهوي للشمال

Un dentiste pour plus de 7.000 habitants!

Au Maroc, le manque d’hygiène dentaire représente un grand problème de santé publique. Les derniers chiffres du ministère de la Santé évaluent à 81,8% la prévalence de la carie chez les enfants de 12 ans et à 91,8% chez les adultes

Après l’ouverture du capital des cliniques aux investisseurs indépendants, le gouvernement veut céder la médecine dentaire au secteur privé. C’est la volonté affichée par Abdelilah Benkirane lors de l’ouverture de la 2e édition des Assises de la médecine dentaire, vendredi dernier à Rabat. Pour le Chef du gouvernement, «l’Etat ne peut pas réussir dans ce domaine qui exige une attention particulière». Mais attention, l’Etat continuera à assurer sa responsabilité. «Céder ce secteur aux opérateurs privés ne signifie pas pour autant que l’Etat va s’en désengager», a-t-il dit. En fait, Benkirane justifie cette opération par la nécessité de laisser les pouvoirs publics se concentrer sur les secteurs qu’ils maîtrisent.
Déjà, c’est le privé qui domine le marché avec la mobilisation de 4.164 dentistes alors que l’effectif du secteur public ne dépasse pas 460. Sans oublier les 180 dentistes mis à la disposition des forces armées royales. En tout cas, toutes ces ressources humaines ne suffisent pas à répondre à la demande des Marocains. Le Maroc dispose à peine d’un dentiste pour 7.100 habitants. Ce qui reste inférieur au ratio fixé par l’OMS, à savoir 1 médecin pour 1.000 habitants. D’autant que la répartition territoriale de ces professionnels reste inéquitable, comme l’avait déploré le ministre de la Santé lors de la première édition des Assises de la médecine dentaire. Pourtant, les problèmes dentaires des Marocains sont multiples.
Les dernières statistiques du ministère de la Santé évaluent à 81,8% la prévalence de la carie chez les enfants de 12 ans et à 91,8% chez les adultes de 35 à 44 ans. Elles montrent aussi que la prévalence des parodontopathies s’élève à 42,2% chez les enfants de 12 ans et à 79,2% chez les adultes.
Pour relever en partie ces défis, le président de l’Ordre national des médecins dentaires, Mohamed Jerrar, a appelé à la réforme du texte réglementant cette profession. En fait, les professionnels du secteur se plaignent aujourd’hui de l’absence d’une loi spécifique à la médecine dentaire qui demeure régie par le dahir de 1960. Mohamed Jerrar revendique en tout cas une réforme pour mettre en place des mécanismes de contrôle de l’exercice illégal de la profession. Une pratique devenue monnaie courante avec la présence de plus de 10.000 praticiens illégaux. Pour l’heure, il faudra se contenter de la stratégie mise en place par la tutelle pour mettre à niveau la médecine dentaire. Une feuille de route qui prévoit entre autres d’atteindre un ratio de 1 médecin dentiste pour 5.000 habitants.

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